Pacific: Climate-and-Debt-Crises / Pacifique : crises climatiques et de la dette

Pacific: Climate-and-Debt-Crises Pacific: Climate-and-Debt-Crises

This week's post was sent to us by Fr Francois Grossin SM, New Caledonia, from NZ Catholic, 6th March 2023. It is an address from Cardinal Soane Patita Paini Mafi who is the first ever cardinal from Tonga and the youngest member of the College of Cardinals. He is also the President of Caritas Oceania and represents the region on key issues, especially climate change.    Traduction française : voir ci-dessous :

Across the Pacific, people are picking up the bones of their ancestors like shells on the beach. Burial grounds are being washed away by rising tides. Communities are shoring up seawalls with old tyres.

I was raised on the beautiful island of Tonga. When I was a child, my parents and grandparents would come out every morning to look at the horizon. They would look at the clouds and see the patterns to understand what lay before us that day.

Nowadays, things are different. Children playing and swimming at the beaches see the patterns in the clouds and run back to alert us to a disaster. This is now becoming a regular occurrence.

After storms, I visit my people and I am always lifted by their resilience and their spirit of helping each other. But when I delve deeper, they share their real emotions, which are full of pain, heartache and fear. You see, in the Pacific our people are strong. We are resilient, but even we have our limits. And we have reached our limit.

Nowadays, when I wake up in the morning and look out to sea, I see two clouds. Two dark and looming clouds. One is climate change. This cloud brings rising sea levels, more frequent cyclones and king tides like we have never seen before.

It is joined by another cloud. This one is debt. Increasingly frequent and severe weather means that Pacific Island nations are struggling to rebuild. We feel like we are going backwards.

Vital infrastructure such as homes, bridges, farms and fisheries, take years to rebuild while crops and livestock take a similar period to restore. It is extremely expensive, and it is money we simply don't have.

Last year at the United Nations climate talks, nations agreed on a Loss and Damage fund; a fund created to compensate developing countries impacted by climate change, like my home of Tonga in the Pacific Island nations.

We don't contribute much to climate change. In fact, we contribute less than 0.5 per cent of all global emissions. But we certainly pay for it in our futures, and the futures of our children. We need compensation for this injustice.

The Loss and Damage fund is an important step towards climate justice, but we can't forget that the 2009 pledge to spend $100 billion a year in climate aid has still not been met. In fact, the pledge to spend $100 billion a year is far from achieved.

Right now, the Pacific region needs nearly US $1 billion per year in financing to adapt our infrastructure to climate change. We receive much less than this.

Unfortunately, even when money is sent to the Pacific for climate change adaptation and mitigation, it is spent in a questionable manner. Large infrastructure projects like wharfs and airports have taken up over US $300 million in funds intended to address climate change in the Pacific yet contribute more to economic development than helping communities adapt to climate change.

I hear from communities in Tonga, Papua New Guinea's Admiralty Islands, Fiji, Kiribati, Tuvalu and Samoa who face serious challenges in accessing funds; challenges like lengthy accreditation delays, or onerous and complex grant application processes.

Women and disability groups rarely know what options might be available to them, and it isn't easy to figure it out either. To properly support and compensate the Pacific region, funds must reach the right people in a timely fashion, before our homes, livelihoods and culture are destroyed forever by climate change.

'Loss and Damage' is at its heart about climate injustice. Loss and Damage is meant to pay for the intangible as well as the tangible, for the loss not just of my home, but for the loss of my ancestors' graves, for the loss of the way of life that I grew up with on this beautiful island, which is slowly being worn away by rising tides and disasters.

We need the Loss and Damage fund to truly listen to Pacific Island communities. It must be accessible to those who need it, and not push countries further into debt that we can ill afford. It must prioritise the most vulnerable, including women and girls, children, the elderly and people living with disabilities.

The global community has an ethical and moral obligation to support Pacific Island countries to adapt to climate change. We are at a critical time in our fight for climate resilience, especially in the Pacific which is facing existential threats. Put simply, it is now or never. The real challenge for the world is to see with their eyes, and listen with their ears, to those on the frontlines of climate change. Listen, see, then act, and act now before it is too late. 


Le message de cette semaine nous a été envoyé par le P. François Grossin SM, Nouvelle-Calédonie, de NZ Catholic, le 6 mars 2023. C'est un discours du cardinal Soane Patita Paini Mafi, le premier cardinal des Tonga et le plus jeune membre du Collège des cardinaux. Il est également président de Caritas Océanie et représente la région sur des questions clés, en particulier le changement climatique.

Dans tout le Pacifique, des gens ramassent sur la plage les ossements de leurs ancêtres, comme des coquillages. Les lieux d'ensevelissement sont balayés par l'élévation du niveau de la mer. Les communautés s'efforcent de protéger leurs rivages en élevant des murs de vieux pneus.

J'ai grandi sur la belle île de Tonga. Quand j'étais enfant, mes parents et mes grands-parents venaient chaque matin sur le rivage pour regarder l'horizon. Ils regardaient les nuages et y découvraient les présages de ce qui les attendait pendant la journée.

Aujourd'hui, les choses sont différentes. Les enfants qui jouent et qui nagent au long des plages voient dans les nuages se dessiner le schéma d'un désastre, et ils courent vers nous pour nous en alerter. Cela devient maintenant un événement habituel.

Après les typhons, je vais visiter les gens de mon peuple et je suis toujours émerveillé par la résilience et l'esprit d'entraide mutuelle dont ils font preuve. Mais quand on va plus profond, ils font part de leurs véritables émotions, qui sont faites de douleur, de chagrin et de peur. Voyez-vous, dans le Pacifique, nos gens sont forts. Nous sommes résilients, mais nous avons nos limites. Et, ces limites, nous les avons atteintes.

Aujourd'hui, quand je me réveille le matin et que je regarde vers la mer, j'y aperçois deux nuages. Deux nuages sombres et menaçants. Le premier est le changement climatique. Il entraîne l'élévation du niveau de la mer, augmente la fréquence des cyclones et provoque des marées exceptionnelles, comme on n'en a jamais vues auparavant.

Un autre nuage l'accompagne. C'est celui de la dette. La fréquence croissante d'événements météorologiques catastrophiques signifie que les nations des îles du Pacifique sont à la peine pour rebâtir. Nous avons l'impression de revenir en arrière.

Il faut des années pour reconstruire les infrastructures vitales comme les habitations, les ponts, les exploitations agricoles, les pêcheries. La restauration des élevages et des productions agricoles prend un temps comparable. Tout cela coûte très cher, et c'est de l'argent que simplement nous n'avons pas.

L'an dernier, lors des négociations aux Nations Unies sur le climat, les nations se sont mises d'accord pour instituer un Fond de compensation des pertes et dommages. Ce fond était créé pour offrir une compensation aux pays en voie de développement affectés par le changement climatique, comme ma patrie, Tonga, parmi les autres nations insulaires du Pacifique.

Notre contribution au changement climatique est peu importante. En fait, nous contribuons pour moins de 0,5% à l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre. Mais ce qui est certain, c'est que nous en payons le prix, dans le futur qui nous attend et dans celui de nos enfants. Nous avons besoin d'une compensation pour cette injustice.

Le Fond de compensation des pertes et dommages est un pas important vers la justice climatique, mais on ne peut pas oublier que l'engagement, pris en 2009, de consacrer 100 milliards de dollars par an à l'aide climatique, n'a jamais tenu. Cet engagement de 100 milliards de dollars par an est même très loin d'avoir été tenu.

En ce moment, la Région du Pacifiquea besoin d'environ 1 milliard de dollars US par an pour financer l'adaptation de ses infrastructures au changement climatique. Nous recevons bien moins que cela.

Malheureusement, même quand de l'argent est envoyé dans le Pacifique Sud pour financer l'adaptation au changement climatique, les fonds sont employés de manière discutable. Les projets de grandes infrastructures comme des jetées portuaires et des aéroports ont utilisé 300 millions dedollars US, pris sur les fonds destinés à faire face au changement climatique dans le Pacifique, alors qu'ils contribuent davantage au développement économique d'ensemble qu'à l'aide aux communautés dans leur adaptation au changement climatique.

J'ai eu connaissance de ce que certaines communautés ont de sérieuses difficultés pour accéder à ces fonds, à Tonga, dans les îles de l'Amirauté en Papouasie-Nouvelle-Guinée, à Fidji, aux îles Kiribati et Tuvalu, aux Samoa. Des obstacles s'élèvent, comme de longs délais d'accréditation, ou des processus de demande de fonds onéreux et complexes.

Les femmes et les groupes porteurs de handicaps sont rarement informés des options qui pourraient leur être offertes, et il est d'ailleurs difficile de les appréhender. Pour soutenir la Région du Pacifique et lui offrir une compensation convenable, les fonds doivent parvenir aux personnes qui en ont besoin et en temps voulu. Cela, avant que nos habitations, notre environnement de vie et de culture soient détruits de manière définitive par le changement climatique.

La « compensation des pertes et dommages » est, fondamentalement, en rapport avec l'injustice climatique. Elle est faite pour financer l'intangible aussi bien que le tangible, non pas seulement pour la perte de ma maison mais aussi pour la perte des tombes de mes ancêtres, pour la perte du mode de vie dans lequel j'ai été formé sur cette île merveilleuse, qui est lentement emportée par les hautes marées et par les catastrophes.

Nous avons besoin du fond de compensation des pertes et dommages pour être vraiment à l'écoute des collectivités humaines des îles du Pacifique. Il doit être accessible à ceux qui en ont besoin, et empêcher que des pays entiers ne soient chargés d'une dette supplémentaire qu'ils peuvent à peine supporter. Il doit donner la priorité aux plus vulnérables, les femmes et les jeunes filles, les enfants, les personnes âgées et les personnes porteuse d'un handicap.

La collectivité humaine globale a une obligation éthique et morale de soutenir les nations insulaires du Pacifique dans leur adaptation au changement climatique. Nous sommes à un moment critique dans notre combat pour la résilience climatique, spécialement dans le Pacifique où nous sommes face à des menaces existentielles. Simplement, c'est maintenant ou jamais. Le véritable défi pour le monde est de regarder de ses yeux, d'écouter de ses oreilles, ceux qui sont sur le ligne de frontdu changement climatique. Écouter, voir, puis agir, et agir maintenant, avant qu'il ne soit trop tard.

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Guest - Paul Walsh s.m. on Sunday, 04 June 2023 18:51

very moving, challenging and dramatic statement of how climate change is undermining a small, but vitally important part of our globe. This evening, on French TV, I was watching scenes from all over the southern part of France where increasingly regular extreme weather conditions are washing away roads homes, and destroying crops, flooding towns and cities, and creating untold havoc in the lives of tens of thousands of people ... and knowng that that is happening all over the globe at this time ... and it is as if those in positions of strategic decision-making remain above it all ... and most of us implicitly rely on tehnical fixes to protect us from global catastrophe. Thank you, Cardina Soane, for allowing the voice of the "little people" be heard, loud and clear ...

very moving, challenging and dramatic statement of how climate change is undermining a small, but vitally important part of our globe. This evening, on French TV, I was watching scenes from all over the southern part of France where increasingly regular extreme weather conditions are washing away roads homes, and destroying crops, flooding towns and cities, and creating untold havoc in the lives of tens of thousands of people ... and knowng that that is happening all over the globe at this time ... and it is as if those in positions of strategic decision-making remain above it all ... and most of us implicitly rely on tehnical fixes to protect us from global catastrophe. Thank you, Cardina Soane, for allowing the voice of the "little people" be heard, loud and clear ...
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Monday, 17 June 2024